Quelles adaptations pour accompagner chaque enfant ? Avec ou sans demande MDPH
La rentrée scolaire est une étape importante pour tous les enfants. Pour certains, des aménagements peuvent être nécessaires afin de leur permettre d’apprendre dans les meilleures conditions et de s’épanouir à l’école.
Il existe plusieurs dispositifs destinés à répondre aux besoins des élèves, qu’ils rencontrent des difficultés d’apprentissage, présentent un trouble du neurodéveloppement, une maladie chronique ou une situation de handicap.
Contrairement à une idée reçue, toutes les adaptations ne nécessitent pas une reconnaissance de la MDPH. Certaines peuvent être mises en place directement par l’établissement scolaire, tandis que d’autres relèvent d’une décision de la Maison Départementale des Personnes Handicapées.

Les adaptations mises en place par l’école (sans dossier MDPH)
Le PPRE : Programme Personnalisé de Réussite Éducative
Le PPRE est proposé aux élèves qui rencontrent des difficultés scolaires ponctuelles ou persistantes risquant de compromettre leurs apprentissages.
Il s’agit d’un plan d’actions élaboré par l’équipe pédagogique afin de définir des objectifs précis et les moyens mis en œuvre pour aider l’enfant à progresser.
Exemples d’actions :
- soutien renforcé en lecture ;
- accompagnement en mathématiques ;
- travail ciblé sur certaines compétences ;
- suivi régulier des progrès.
Le PPRE est généralement temporaire et évolue selon les besoins de l’élève.
Le PAP : Plan d’Accompagnement Personnalisé
Le PAP concerne les élèves présentant des troubles durables des apprentissages, tels que :
- dyslexie ;
- dysorthographie ;
- dyscalculie ;
- dyspraxie ;
- certains troubles du neurodéveloppement (TND) ne nécessitant pas de compensation du handicap.
Son objectif est d’adapter les modalités d’apprentissage afin de compenser les difficultés rencontrées sans modifier les objectifs scolaires.
Les aménagements peuvent notamment prévoir :
- un temps supplémentaire lors des évaluations ;
- une réduction de la quantité d’écriture ;
- des photocopies ou supports numériques des cours ;
- l’utilisation d’un ordinateur ;
- une police de caractères adaptée ;
- des consignes reformulées ou simplifiées ;
- des évaluations aménagées.
Le PAP est élaboré en concertation avec la famille et l’équipe éducative, à partir d’un avis médical.
Le PAI : Projet d’Accueil Individualisé
Le PAI est destiné aux enfants présentant une maladie chronique, une allergie, une pathologie nécessitant un traitement ou une surveillance particulière.
Il permet d’organiser leur accueil à l’école en toute sécurité.
Le PAI peut notamment prévoir :
- l’administration de médicaments pendant le temps scolaire ;
- un protocole d’urgence ;
- des aménagements des horaires ;
- un régime alimentaire spécifique ;
- des dispenses ou adaptations de certaines activités physiques.
Il est construit en lien avec la famille, le médecin traitant ou spécialiste, le médecin de l’Éducation nationale et l’établissement scolaire.
Les adaptations nécessitant une décision de la MDPH
Lorsque les besoins de l’enfant nécessitent une compensation du handicap, une demande peut être déposée auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
Après étude du dossier, la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) peut décider de la mise en place d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS).
Le PPS : Projet Personnalisé de Scolarisation
Le PPS organise l’ensemble du parcours scolaire de l’enfant en tenant compte de ses besoins, de ses capacités et de son projet de vie.
Selon les situations, il peut permettre :
Un accompagnement humain
- AESH individuelle ;
- AESH mutualisée.
Du matériel pédagogique adapté
- ordinateur ;
- logiciels spécialisés ;
- aides techniques.
Des adaptations pédagogiques
- emploi du temps aménagé ;
- temps de scolarisation adapté ;
- supports pédagogiques adaptés ;
- dispenses partielles de certaines activités.
Une orientation vers un dispositif adapté
Selon les besoins de l’enfant, le PPS peut également prévoir une orientation vers :
- une ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) ;
- une UEMA (Unité d’Enseignement en Maternelle Autisme) ;
- un IME (Institut Médico-Éducatif) ;
- d’autres établissements ou services médico-sociaux spécialisés.
Quelle est la différence entre un PAP et un PPS ?
Cette distinction est parfois difficile à comprendre pour les familles.
Le PAP est destiné aux enfants présentant des troubles des apprentissages qui nécessitent des adaptations pédagogiques, mais qui ne relèvent pas d’une compensation du handicap.
Le PPS, quant à lui, concerne les enfants dont la situation de handicap nécessite des moyens de compensation décidés par la MDPH, comme un accompagnement par un AESH ou du matériel spécifique.
Le rôle essentiel de la coopération entre tous les acteurs
Quel que soit le dispositif mis en place, la réussite de l’enfant repose avant tout sur une collaboration étroite entre :
- la famille ;
- l’équipe enseignante ;
- les professionnels de santé ;
- les thérapeutes ;
- les professionnels du secteur médico-social.
Une communication régulière permet de partager les observations, d’ajuster les adaptations si nécessaire et de garantir une continuité dans l’accompagnement de l’enfant.
Comme nous le rappelons :
« Pour favoriser le bien-être et la réussite scolaire de l’enfant, une communication fluide entre la famille, l’école et les thérapeutes est indispensable. Chacun a un rôle complémentaire, et c’est en travaillant ensemble que l’accompagnement prend tout son sens. »
